Eglise Protestante Baptiste de Morlaix - get directions

Prédication de John Jenkins en 1840, premier pasteur à Morlaix.

Prédication du 29 novembre 1840 par John Jenkins, 1er pasteur de l’Eglise Evangélique Baptiste de Morlaix, la plus ancienne communauté baptiste française

Contexte historique :

John Jenkins, jeune pasteur quitte Cardiff au Pays de Galles le 20 septembre 1834 pour un premier voyage en Bretagne durant trois mois.

Puis il retourne au Pays de Galles afin de se faire consacrer pasteur. Il revient définitivement à Morlaix le 15 février 1835, un dimanche matin, accompagné de son épouse et de ses 2 enfants. Il a 28 ans. Il arrive par un matin d’hiver après avoir traversé la Manche et doit faire face à un milieu hostile mais il est plein de foi et d’espérance.

Il commence par apprendre le breton, langue parlée majoritairement par les habitants. Il s’aperçoit que les bretons étaient analphabètes. Aussi, il met en place un manuel pour leur apprendre à lire et particulièrement la Bible qui leur est complètement inconnue. Il joint le manuel à chaque bible qu’il donne.

Puis il loue une salle pour célébrer l’office du dimanche car la construction d’un temple lui a été refusée. Début 1840, les autorités lui « enlèvent » la salle. Il organise donc des réunions à son domicile au 9, quai du Léon vite trop petit pour accueillir les 54 personnes que comptait l’assemblée en 1839.

C’est donc dans un contexte d’opposition d’une part mais d’encouragement d’autre part vu la croissance de la communauté qu’il a dû faire cette prédication.

« Et qu’est ce que tu as que tu ne l’aies reçu ? » 1 Corinthiens 4 : 7

Il parait que l’état de l’église de Corinthe n’était pas tel que l’apôtre Paul pouvait en être satisfait. C’est pourquoi il le leur dit dans le chapitre précédent. Cette église était tombée dans le piège de Satan. Elle était devenue charnelle, tellement que l’apôtre ne pouvait plus lui parler comme à des hommes spirituels, forts dans la grâce et dans la reconnaissance de Jésus-Christ. Mais il était obligé de leur parler comme à des enfants de Christ, qui commençaient à apprendre et à connaître l’évangile du Sauveur. Et parce qu’ils étaient charnels, il y avait parmi eux l’envie et des dissensions et des divisions ; et l’on disait : « Pour moi, je suis de Paul », et l’autre, « Pour moi, je suis d’Apollos (ou de Pierre) ». et l’apôtre leur demande, puisque ces choses se trouvaient parmi eux « N’êtes-vous pas charnels, et ne vous conduisez-vous pas à la manière des hommes ? ». il paraît que l’orgueil est en grande partie la cause de l’envie, des disputes et des dissensions. Ainsi, il y avait dans cette église des hommes qui étaient fiers de leur grand savoir, de leur sagesse humaine, ne sachant pas que leur sagesse humaine et leur orgueil étaient une folie, 3 : 18/21. Et pour détruire cet orgueil, il leur demande dans ce verset 4 : 7 « Et qu’est ce que tu as que tu ne l’aies reçu ?»

Afin d’être édifiés nous-mêmes par cette Parole inspirée de Dieu, je me propose de faire  quelques remarques sur cette question. Et pour expliquer cette Parole, nous aurons à considérer :

  1. La question que l’apôtre nous adresse.

  2. La réponse que nous avons à faire.

  3. Les conclusions qui s’élèvent de notre réponse

  1. La question que l’apôtre nous adresse.

Cette question était adressée aux corinthiens mais maintenant elle s’adresse à tout le monde, à ceux qui lisent ces paroles, à ceux qui les entendent, par conséquent, elle est adressée à nous par le Saint Esprit. La question appelle d’abord notre attention sur ce que nous avons, car la question est basée sur la supposition que nous avons quelque chose.

Jetons donc un coup d’œil sur l’homme comme être humain, comme pécheur, et comme chrétien.

  1. Comme être humain, il a l’existence, il a un corps et une âme, la vie, la raison et les autres facultés de l’âme, la connaissance, la nourriture, le vêtement, une position dans le monde, des biens, de l’autorité et de l’influence.

  2. Comme pécheur, il a la Parole de Dieu, la loi, l’évangile, la prédication de la bonne nouvelle et l’offre du salut par Jésus-Christ.

  3. Comme chrétien, il a la vie de la grâce, la paix, la foi, l’amour et l’espérance, une place dans la maison de Dieu et l’esprit de prière, des dons et des talents et une demeure éternelle dans le ciel.

Voilà les choses qu’on possède dans l’église de Dieu

Et voilà la question qui nous est adressée : « Et qu’est ce que tu as que tu ne l’aies reçu  de Dieu ?  »  

L’apôtre ne demande pas si nous n’avons pas reçu toutes choses, mais il demande seulement s’il y a quelque chose, une seule chose, la moindre chose que nous pouvons dire que nous l’avons de nous-mêmes, sans l’avoir reçu de Dieu.

  1. La réponse que nous avons à faire

La question n’est pas longue, elle est simple et facile à comprendre, la réponse l’est aussi. Voilà la réponse. « L’homme n’a rien de ces choses de lui-même, et ne peut les recevoir d’aucune créature, et il les reçoit toutes de Dieu ».

  1. Nous disons que l’homme n’a rien de ces choses de lui-même. La raison nous le dit, l’expérience nous le prouve. La Parole de Dieu nous le déclare Job 1 : 20, « Je suis sorti nu du ventre de ma mère et nu je retournerai là. L’Eternel l’avait donné, l’Eternel l’a ôté, le nom de l’Eternel soit béni ! ». L’homme a une chose ou plutôt deux de propre : le péché et la condamnation.

  2. L’homme ne peut rien avoir sans Dieu, directement ou indirectement. Car c’est Lui qui a créée toutes choses, qui conserve toutes choses, qui dispense toutes choses et qui nous accorde toutes choses. Et les parole de Jean-Baptiste prouvent ceci : « L’homme ne peut recevoir aucune chose si elle ne lui est donnée du ciel ».

  3. Que l’homme reçoit toutes ces choses de Dieu. Il ne peut en être autrement, la Parole de Dieu nous le déclare, voilà la déclaration générale de Jacques : « Tout le bien qui nous est donné, et tout don parfait vient d’en haut, descendant du Père des lumières, en qui il n’y a point de variation, ni d’ombre de changement ». Jacques 1 : 17.

Quoiqu’on aurait pu montrer par les Ecritures Saintes que c’est Dieu qui nous crée, qui nous a donné la vie et que nous obtenions toutes les grâces de la vie éternelle de la main de Dieu, il ne me paraît pas que cela soit nécessaire puisqu’il n’y a personne ici qui ne soit pas convaincu que nous recevons toutes ces choses de Dieu et que c’est par lui que nous avons « La vie, le mouvement et l’être » Actes 17 : 28

III . Les conclusions qui s’élèvent de notre réponse

Avec la conviction profonde que nous avons toutes choses de Dieu, consacrons un moment pour considérer les conclusions bien importantes auxquelles cette vérité donne lieu.

1er – L’existence, la puissance, la sagesse, la bonté et la gloire de Dieu, « car les choses invisibles de Dieu, à savoir tant sa puissance éternelle que sa divinité, se voient comme l’œil, par la création du monde, étant considérées dans ses ouvrages ».

2ème – Que nous appartenons à Dieu, et tout ce que nous avons. « La terre appartient à l’Eternel avec tout ce qui est en elle, la terre habitable, et ceux qui y habitent ». Ps 24 : 1

3ème – Que nous sommes dépendants de Dieu. L’apôtre dit aussi : « car par Lui nous avons la vie, le mouvement et l’être ».

4ème – Que Dieu a toute autorité sur nous, et que nous devons nous soumettre à Lui, en toutes choses. « Ton règne est un règne de tous les siècles, et ta domination dans tous les âges ». Ps 145 :13 Et notre Sauveur a dit : « il est écrit, tu adoreras le Seigneur, ton Dieu et le serviras Lui seul ». Mat. 4 : 10

5ème – Que l’homme n’est qu’un économe sur tout ce qu’il a. « Que chacun selon le don qu’il a reçu, l’emploie pour le service des autres, comme bons dispensateurs de la différente grâce de Dieu », et « Chacun à qui il aura été beaucoup donné, il sera beaucoup redemandé, et à celui à qui il aura été beaucoup confié, il sera plus redemandé » Luc 13 : 48

6ème – Le néant de l’homme est une base d’humilité, « Toutes les nations sont devant Lui comme un rien, et il ne les considère que comme de la poussière, et comme un néant », Esaïe 40 : 17

7ème - La présomption et la folie de l’orgueil : notre texte.

8ème – Que nous devons mettre toute notre confiance en Dieu. « Confiez-vous en l’Eternel à perpétuité, car le bonheur des siècles est en l’Eternel Dieu », Esaïe 26 : 4

9èmeQue nous devons adresser toutes nos prières à Dieu, « Notre Père qui es aux cieux »

10èmeQue nous devons le remercier pour toutes choses, « Rendez grâce pour toutes choses, car c’est là mon nom et je ne donnerai point ma gloire à un autre, ni ma louange aux mages taillées ». Esaïe 42 : 8

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